Instruction en famille (IEF) : questions fréquentes

Depuis la rentrée de septembre, nous pratiquons l’instruction en famille, autrement dit les enfants ne vont plus à l’école. Et depuis que nous l’avons annoncé et mis en place, nous avons beaucoup de questions à ce sujet.

Il y a encore quelques années je ne connaissais pas moi-même ce mode d’instruction. J’ai découvert un nouveau mode de vie que j’ai envie de partager pour au moins « démystifier » cette pratique, et peut-être aussi ouvrir peut-être de nouveaux horizons à d’autres familles.

Les réponses apportées ici restent personnelles. Il y a autant de réponses possibles que de familles pratiquant ce mode d’instruction.

1. Pourquoi l’instruction en famille ?

Au départ, j’ai commencé mes recherches quand ma fille était en moyenne section. Comme beaucoup d’enfant elle ne voulait pas aller à l’école. J’ai découvert l’IEF, et me suis vite rendue compte que ce format lui conviendrait mieux. Il se trouve que le passage en CP a été une vraie révélation, elle s’est grandement épanouie, et l’IEF ne me paraissait moins indispensable.

Néanmoins, en découvrant cette pratique j’ai aussi découvert une nouvelle façon d’aborder l’enfance et les apprentissages. C’est un autre mode de vie qui me semble plus tranquille, limitant au maximum les contraintes, permettant d’accompagner au mieux le potentiel de l’enfant mais aussi de s’adapter au rythme de chacun des membres de la famille. Ma situation professionnelle évoluant j’ai pu leur proposer et leur laisser le choix. Après 1 à 2 mois de réflexion la décision était prise.

2. Ce n’est pas trop dur de supporter les enfants en permanence ?

C’est vraiment une question de point de vue. Je me rappelle la première rentrée scolaire, j’ai ressenti de la joie à retrouver du temps pour moi pendant que ma fille était en classe. Puis un jour tout a changé. Je ne sais pas comment. Mais j’ai eu cette prise de conscience que leur enfance allait passer à toute vitesse et que chaque moment auprès d’eux est l’occasion de les voir grandir, de les accompagner, de ne pas passer à côté des choses. Et au contraire, j’avais hâte qu’ils soient en vacances pour en profiter au maximum.

Des fois je suis fatiguée, ou j’ai moins de patience mais comme n’importe quelle autre maman qui aurait des enfants scolarisés. Et puis avec le papa nous nous sommes toujours organisés pour nous libérer du temps personnel, pour sortir avec nos amis, ensemble ou chacun de notre côté.

Il faut aussi dire que les enfants sont beaucoup plus faciles à gérer quand ils ne sont pas réveillés tous les matins et qu’ils ont eu leur quotas de sommeil. Mais aussi quand ils sont libres de jouer autant qu’ils veulent ! Enfin, pour nous faciliter encore un peu plus les choses, Alice et Abel s’entendent super bien. Ils sont très proches, complices, et peuvent passer des heures à jouer ensemble.

3. Comment faîtes-vous pour travailler ?

En ce qui me concerne j’ai démissionné d’un poste salarié (décision indépendante de l’IEF), et je tente de développer ma marque Rosella. C’est un travail qui prend du temps mais qui me permet d’être à la maison et de m’organiser comme je veux. Pour l’instant je n’en vis pas, même si les ventes augmentent tous les mois. Je travaille temporairement 3 après-midis par semaine comme psychologue dans une nouvelle structure. Nous pouvons gérer les enfants car le papa travaille dans un cinéma et a des horaires atypiques. Et il faut dire que nous avons les grands-parents sur place en cas de besoin. Mais nous faisons en sorte de ne pas avoir « besoin » d’eux, même s’ils les voient très souvent.

4. Et la socialisation ?

Ils ne se passent pas une semaine sans qu’ils ne partagent du temps (de qualité) avec d’autres enfants.

Il y a leurs amis qu’ils se sont fait à l’école que l’on voit régulièrement. D’ailleurs l’école adhère à 100% à notre projet, et nous participons encore aux différentes fêtes et événements organisés. Ils voient aussi les enfants de nos amis, qu’ils connaissent depuis toujours. Ils rencontrent des enfants « inconnus » au parc, avec qui ils jouent sans problème, ou au cours de stage/ateliers divers. Ils voient d’autres enfants pendant les activités sportives du mercredi. Et puis il y a un groupe de famille pratiquant l’IEF dans notre département bien actif, avec de nombreuses sorties et activités organisées.

C’est évident il y a des enfants partout, l’école n’est pas un indispensable pour se socialiser.

5. Quand et comment vous leur faites cours ?

A cette question s’ajoute souvent « moi je n’aurais pas la patience, déjà que c’est la galère avec les devoirs ». Et je veux bien le croire car je pense que moi non plus je n’aurais pas la patience pour les devoirs.

En fait nous ne donnons pas de cours. Nous avons choisi de ne pas suivre le programme de l’éducation nationale. Je ne suis pas institutrice et personnellement je vois peu l’intérêt de reproduire à la maison ce que les enfants feraient à l’école.

En revanche, nous sommes les mieux placés pour les observer, savoir ce qu’ils aiment, et comment ils fonctionnent. Tous les enfants posent des questions à longueur de temps. Et nous saisissons ces occasions pour les accompagner vers ce qui les intéresse. C’est ainsi que les apprentissages se font naturellement car ils ont du sens.

Quand elle écrit à ses correspondants, Alice apprend l’orthographe, pour que sa lettre puisse être facilement lisible. Quand elle dessine elle peut être amenée à faire de la géométrie pour représenter ce qu’elle souhaite. Quand ils me demandent pourquoi il pleut, ils retiennent la réponse car ils veulent vraiment savoir, cela vient d’eux. Quand ils jouent aux billes, Abel apprend à compter….

Evidemment nous ne sommes pas juste spectateurs. Ils font ce qu’ils veulent, mais nous faisons en sorte d’apporter un environnement riche pour répondre à leurs intérêts. Je pense que j’écrirai un article pour détailler notre façon de fonctionner.

6. Jusqu’à quand vous allez le faire ?

Aucune idée. Nous ferons le point en milieu d’année, et les enfants choisiront ce qu’ils veulent faire. Alice est attachée à son école. Elle est très partagée car elle aime aussi beaucoup notre rythme actuel. Il est possible qu’elle y retourne l’année prochaine, ou pas !

Le tout étant qu’ils se mettent d’accord car même si je sais que des familles le font, je ne me vois pas scolariser un enfant et pas l’autre. Même si je comprends la démarche de respecter le choix de chacun, je trouve que cela implique plus de contraintes, beaucoup trop pour moi !

7. Vous devez rendre des comptes à quelqu’un ?

Oui. Il y a un contrôle par an d’un inspecteur d’académie, et un contrôle tous les 2 ans de la mairie. Je n’en parlerai pas beaucoup car nous n’en n’avons pas encore eu. Je n’ai donc pas d’expérience sur le sujet. Je sais en tout cas que ce n’est pas très bien vu de ne pas suivre le programme, qu’il faut que nous soyons bien préparés, et qu’ils sont censés vérifier l’évolution de chaque enfant par rapport à lui-même d’une année sur l’autre, et non par rapport à son niveau de classe.

Voilà j’espère que cet article vous aura apporter quelque chose. Je pense que j’en écrirai d’autres sur le sujet et notamment sur la façon dont nous abordons les apprentissages plus précisément !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Facebook
Facebook
Instagram