L’organisation de l’IEF – sans cours et sans contrainte

Après mon premier article sur les questions fréquentes concernant l’IEF, je viens aujourd’hui raconter plus en détail comment nous nous organisons.

Comme je le disais, nous ne suivons pas le programme de l’éducation nationale. Nous partons de l’idée que les enfants ont un désir inné d’apprendre et que les apprentissages peuvent alors se faire naturellement, et plus efficacement s’ils sont auto-initiés. Pour quelques lectures sur le sujet je vous recommande les ouvrages de John Holt, Melissa Plavis ou André Stern.

En revanche, il ne s’agit pas de ne rien faire. Nous nous organisons de manière à proposer un environnement riche et à les accompagner au mieux dans leurs intérêts.

Si je dois poser la structure de notre organisation je dirais qu’il y a 4 leviers concrets soutenant leurs apprentissages :

  1. Ils posent une question ou évoquent un sujet qui les intéresse

Ce qui peut arriver tous les jours, plusieurs fois par jour. Vous avez dû le remarquer, que vous ayez des enfants ou non, ils posent tous une grande quantité de questions, parfois surprenantes. (Pourquoi le soleil se couche, on va où quand on est mort, pourquoi on doit manger à table, pourquoi on a des cheveux, c’est quoi un microbe, pourquoi tu travailles, pourquoi on appelle lampe une lampe…..?)

Dans ce cas nous essayons toujours d’y répondre de manière complète. Attention, l’idée n’est pas de les assommer d’informations dont ils ne retiendraient qu’une infime partie. Au contraire nous essayons d’apporter une réponse courte et simple (ce qui n’est pas toujours facile!) et puis nous leur demandons leur avis, et leur posons aussi des questions pour voir s’ils veulent approfondir.

Parfois, même souvent, ils passent instantanément à autre chose. Mais quand au contraire leur curiosité est vraiment piquée, nous les accompagnons : en trouvant des livres à la bibliothèque sur le thème en question, en proposant des documentaires, en visitant un musée ou lieu concerné par le sujet, nous faisons des activités manuelles ou réalisons des expériences. Tout cela jusqu’à épuisement !

Dans ces moments là, les enfants enrichissent leur connaissance sur le thème en question, mais pas seulement. Indirectement, ils développent aussi tout un tas de compétences.

2. Une ville par mois

A peu près chaque mois (mais j’essaie d’apprendre à ne plus conditionner les choses dans le temps ) nous choisissons une ville et déclinons tout un tas d’activité en lien.

Pour la petite histoire, il y a 2 ans, lors du calendrier de l’Avent, les enfants avaient reçu des petits personnages portant le noms de différentes villes. L’histoire racontait que ces bonhommes allaient se réunir le 24 décembre pour parler des problèmes dans le monde. Cette année, les enfants ont dû reconstituer des cartes postales écrites par ces personnages pour l’arrivée d’un nouveau participant.

Depuis janvier donc nous « voyageons » dans les villes de ces petits bonhommes. Nous avons fait des activités autour de Paris et Nuuk. Je ferai un article sur chaque ville si je trouve le temps!

3. Journal de bord

Les enfants ont une sorte de cahier de vie où ils retracent leurs sorties. Ils y collent photos, tickets d’entrée ou prospectus et font des dessins. J’interroge Abel sur ce qu’il a vu, fait, compris, et note sur le cahier tout ce qu’il me dit. Alice écrit seule directement ce qu’elle veut.

4. Jeux et cahiers

Les enfants ont aussi des supports plus formels qu’ils utilisent quand ils ont envie. Ils ont des cahiers d’activités (type « cahier de vacances »). Alice utilise aussi des applications comme Duo Lingo pour apprendre l’anglais, ou Khan académy pour les maths.

Voilà pour le côté structuré. Mais évidemment cela ne s’arrête pas là. Même s’il devient plus difficile de nommer et quantifier leurs apprentissages, toutes les situations du quotidien y participent (et probablement davantage). Quand ils s’inventent des histoires, quand ils vont au parc, font du sport, rencontrent de nouvelles personnes, ou quand ils cuisinent…

En revanche il faut rester confiant ce qui n’est pas toujours facile, car il n’y a pas de traces, pas de tests, pas de preuves de leur progrès !

Même s’il y a des doutes, ou des craintes, en étant avec eux quotidiennement je connais bien leur fonctionnement et je sais assez précisément où ils en sont. Même si leurs apprentissages ne sont pas palpables pour tous, ils sont une évidence pour moi !

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